Je n'ai pas les moyens de soigner mon animal, que faire ?

18/05/2022

Je n'ai pas les moyens de soigner mon animal, que faire ?

Permettre aux plus démunis d’accéder à des soins vétérinaires, est un pan important de la profession. Elle y contribue depuis longtemps, de manière individuelle pour la majorité. En 2018, une enquête de Bio’Sat révélait ainsi que 60% des vétérinaires d’animaux de compagnie déclarent consacrer en moyenne entre 1 % et 5 % de leur chiffre d'affaires aux associations de protection animale ou aux gens nécessiteux. Soit, chaque année, près de 40 millions d’euros. Un engagement qui hisse la profession au rang des premiers contributeurs de la protection animale en France.

UNE PRATIQUE INDIVIDUELLE…

C’est pour aider les vétérinaires dans cette pratique individuelle que le Comité d’éthique Animal, Environnement, Santé – créé par l’Ordre des vétérinaires fin 2018 – a réalisé un avis sur la question. Soins gratuits, facturations adaptées, facilités de paiement… Entre évidence de principe et réalité factuelle, le vétérinaire peut être parfois embêté.

LA VIE DE L’ANIMAL EST EN DANGER

 Le Comité d’éthique rappelle que le code de déontologie vétérinaire impose la prise en charge des animaux en cas de péril, notamment en vue de diminuer leur souffrance. Passé ce danger imminent, une discussion sur la prise en charge à moyen terme doit s’opérer avec le vétérinaire. En cas d’impossibilité totale de prise en charge de toutes les alternatives thérapeutiques par le propriétaire, le Comité d’éthique conseille au vétérinaire de prendre à sa charge le coût des soins en cas de danger pour la santé publique ou de souffrance de l’animal, qu’il s’agisse de soins ou d’accompagnement vers la fin de vie de l’animal.

LA VIE DE L’ANIMAL N’EST PAS MENACÉE

C’est alors au vétérinaire de choisir de réaliser, ou non, une prise en charge solidaire. Voici différentes questions qu’il peut se poser pour aiguiller sa décision :

  • À quel point cet acte de solidarité peut-il améliorer la vie de l’animal sur le long terme ?
  • Est-ce mon devoir dans cette situation de prendre en charge cette maladie à mes propres frais ?
  • Est-ce que je compromets l’activité de la structure en le faisant ?
  • Est-ce que mes employeurs risquent de s’opposer à cet acte de solidarité ?

Qu’ils soient prodigués à titre onéreux ou gratuit, le Comité d’éthique conseille aux vétérinaires de toujours effectuer les soins consciencieusement, avec toute l’attention nécessaire, mais sans forcément utiliser toutes les techniques disponibles.

… MAIS AUSSI COLLECTIVE

Suite au plan de relance, l’association Vétérinaire pour tous renaît de ses cendres grâce aux 4 millions d’euros alloués par le gouvernement. Désormais, une personne en situation financière précaire pourra bénéficier d’une aide substantielle pour faire soigner son animal de compagnie. Pour avoir accès à ce soutien, elle devra au préalable attester de son éligibilité auprès des services sociaux et voir ainsi ses frais partagés en trois tiers : un tiers pour elle, un tiers pris en charge par vétérinaire pour tous, le tiers restant étant offert par le professionnel de santé. Une répartition qui, selon Laurent Perrin, président du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL), permet à la fois de “fédérer les actions individuelles déjà réalisées par les vétérinaires pour éviter les renoncements aux soins, tout en responsabilisant sur ce qu’implique la possession d’un animal.

Vétérinaires pour tous, Vetericare, SolivetVet’dispensaire… Les récentes initiatives de la profession pour renforcer la solidarité révèlent une tendance au regroupement. Le signe d'abord que les besoins sont accrus et que l'effort ne peut plus reposer que sur quelques-uns. Le besoin ensuite de rendre cette solidarité plus visible afin de sensibiliser les collectivités territoriales et les pouvoirs publics pour qu'ils assurent, par des dotations et subventions, la pérennité des efforts de la profession.

- Avec Léa Bouleau


AUTEUR DE L'ARTICLE

  • Jade BOCHESRédactrice

    Jade Boches est biologiste et journaliste scientifique de formation. Passionnée par les animaux, elle suit de près l'avancée des études scientifiques afin de percer les secrets de nos animaux préférés !

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